Dès les premiers redoux de février, quelque chose se réveille au jardin. Les premières abeilles sortent de la ruche ou de leur abri d’hiver, encore un peu engourdies, à la recherche de la moindre fleur. Cette reprise d’activité est aussi le moment le plus périlleux de leur année : après plusieurs mois sans quasiment rien manger, les colonies redémarrent avec des réserves de miel et de pollen au plus bas.

Dans un contexte de déclin des abeilles en France, ce redémarrage de printemps mérite une attention particulière. La bonne nouvelle, c’est que protéger les abeilles au printemps ne demande ni matériel coûteux ni compétences particulières : quelques gestes simples, répétés chaque année, suffisent à donner un vrai coup de pouce aux colonies domestiques comme aux abeilles sauvages.
Que vous ayez un grand jardin, un simple balcon ou une ruche à entretenir, voici les réflexes à adopter, du plus facile au plus technique, jusqu’à la question incontournable, du frelon asiatique.
Le printemps, une période critique pour les abeilles
Après l’hiver, les réserves de la colonie sont au plus bas, et il faut les reconstituer alors même que les ressources extérieures restent rares : les arbres fruitiers ne sont pas encore fleuris, les massifs n’ont pas repris, et une bonne partie de ce qu’on appelle un peu vite les « mauvaises herbes » n’a pas encore poussé. Ajoutez à cela des écarts de température parfois brutaux au sortir de l’hiver (un redoux suivi d’une gelée tardive peut être fatal à une colonie qui a repris son activité trop tôt) et l’on comprend pourquoi le printemps concentre une bonne partie de la mortalité annuelle des colonies.
Or les abeilles jouent un rôle essentiel dans la pollinisation, et donc dans une bonne partie de notre alimentation. Les protéger à ce moment précis de l’année, c’est s’assurer qu’elles seront encore là pour polliniser vergers, cultures et jardins dans les semaines qui suivent.
Installer un point d’eau pour les abeilles
C’est sans doute le geste le plus simple à mettre en place, et pourtant on y pense rarement : les abeilles ont besoin d’eau, y compris en dehors des périodes de canicule. Elles s’en servent pour diluer le miel, nourrir les larves et réguler la température de la ruche.
Une coupelle remplie d’eau, posée sur un rebord de fenêtre, une terrasse ou dans un coin du jardin, suffit largement. Un seul point de vigilance : les abeilles ne savent pas nager. Disposez quelques billes d’argile, des graviers ou un bouchon de liège flottant à la surface pour leur offrir un point d’appui et éviter la noyade. Pensez aussi à renouveler l’eau régulièrement, pour limiter le développement d’algues et de larves de moustiques.
Leur donner à manger : les bons réflexes au jardin
Retarder un peu la tonte
Au sortir de l’hiver, pâquerettes, pissenlits et autres fleurs spontanées sont souvent les toutes premières sources de nourriture disponibles pour les abeilles. Retarder la première tonte de quelques semaines, ou simplement en laisser une partie fleurir plus longtemps, leur permet d’accéder à ce garde-manger de printemps en attendant que le reste du jardin ne prenne le relais.
Le même principe vaut pour la taille : mieux vaut éviter de tailler trop sévèrement les arbustes déjà en boutons ou en fleurs, au risque de supprimer d’un coup de sécateur une bonne partie des ressources disponibles à cette période.
Planter des fleurs mellifères de printemps
Si vous avez un espace à aménager, misez sur des variétés qui fleurissent tôt dans la saison. La lavande, la sauge, la bourrache ou la phacélie sont réputées pour leur générosité en nectar, mais c’est souvent un arbre qu’on oublie qui rend le plus service aux colonies en sortie d’hiver : le saule marsault. Ses chatons duveteux apparaissent dès février-mars et constituent l’une des toutes premières sources de pollen de l’année, à un moment où peu d’autres plantes ont encore fleuri.
Dire non aux pesticides et aux désherbants
Les insecticides, et dans une moindre mesure certains herbicides, restent l’une des premières causes de mortalité chez les abeilles. Même à faible dose, certains produits perturbent leur système nerveux, brouillent leur sens de l’orientation et les empêchent parfois de retrouver la ruche. Au printemps, alors que les colonies sont déjà affaiblies, l’exposition est d’autant plus risquée.
Rassurez-vous : un jardin un peu plus tolérant aux « imperfections », quelques pucerons, une pelouse pas parfaitement uniforme, se passe très bien de traitement chimique. Paillage, arrachage manuel ou accueil des prédateurs naturels (coccinelles, oiseaux, chrysopes) suffisent dans la grande majorité des cas.
Offrir un refuge aux abeilles sauvages
On pense souvent uniquement aux abeilles domestiques et à leurs ruches, mais l’écrasante majorité des espèces d’abeilles présentes en France sont en réalité des abeilles sauvages, solitaires, qui ne produisent pas de miel et ne vivent pas en colonie. Elles n’en sont pas moins des pollinisatrices redoutablement efficaces, parfois même plus que les abeilles domestiques sur certaines cultures.
Un hôtel à insectes, installé dans un endroit abrité et exposé au soleil du matin, leur offre un site de nidification. Laisser un coin du jardin « sauvage », avec un peu de bois mort, des tiges creuses ou une zone de sol nu, rend souvent un service encore plus grand qu’un hôtel à insectes acheté dans le commerce.
Se protéger de leur pire ennemi : le frelon asiatique

Parmi les menaces qui pèsent sur les abeilles, le frelon asiatique (Vespa velutina) occupe une place à part. Arrivé accidentellement en France en 2004, ce prédateur s’est solidement implanté sur le territoire et s’attaque directement aux colonies, se postant en vol stationnaire devant les ruches pour intercepter les butineuses à leur retour.
Le printemps est justement le moment charnière pour agir. Seules les femelles fondatrices, les futures reines, survivent à l’hiver, chacune cachée dans un abri isolé. Dès que les températures remontent, elles sortent de leur diapause et partent fonder un nouveau nid. Les piéger à ce stade, avant qu’elles n’aient eu le temps de s’installer, permet d’empêcher la naissance de colonies entières qui compteraient, à l’automne, plusieurs milliers d’individus.
Pour que le piégeage profite réellement aux abeilles plutôt que de leur nuire, la sélectivité du dispositif est essentielle. Un piège non sélectif capture indifféremment frelons, abeilles et autres pollinisateurs, ce qui revient à ajouter une menace supplémentaire plutôt qu’à protéger le rucher. C’est tout l’enjeu d’un piège comme OkyBee : son entrée est calibrée pour ne laisser passer que les frelons asiatiques, tandis que des ouvertures dédiées permettent aux insectes plus petits de ressortir facilement.
Le choix du modèle, son emplacement et l’appât utilisé dépendent ensuite de votre situation : un jardin, un verger et un rucher n’appellent pas exactement la même stratégie. Nous détaillons tout cela dans nos articles sur le choix d’un piège, son positionnement et les appâts à privilégier selon la saison ; à noter qu’au printemps, les fondatrices recherchent surtout des protéines pour démarrer leur nid, contrairement à l’automne où elles se tournent davantage vers le sucre.
Les soutenir autrement
Tout le monde n’a pas de jardin, et c’est très bien ainsi : il existe d’autres façons d’aider. Privilégier le miel d’apiculteurs locaux plutôt que des mélanges importés à bas coût soutient directement la filière apicole française. Certaines associations proposent aussi le parrainage de ruches, une solution intéressante si vous vivez en appartement mais que vous souhaitez tout de même contribuer concrètement à la préservation des colonies.
Aide-mémoire : que faire, et quand ?
Pour résumer, voici les priorités selon l’avancée de la saison :
- Février – mi-mars : posez vos premiers pièges à frelons pour cibler les fondatrices, installez un point d’eau.
- Mars – avril : plantez vos massifs mellifères, retardez la tonte, installez un hôtel à insectes.
- Toute la saison : bannissez les produits phytosanitaires et vérifiez vos pièges toutes les semaines à dix jours.
Aucun de ces gestes ne demande un budget ni un temps considérable. Pris ensemble, ils offrent aux abeilles, domestiques comme sauvages, de bien meilleures chances de passer le printemps sans encombre, et donc de continuer à polliniser nos jardins, nos vergers et nos cultures pour les mois à venir.
Le frelon asiatique est présent chez vous ? C’est le bon moment pour installer vos premiers pièges sélectifs OkyBee et protéger les abeilles dès la sortie de l’hiver.
